L'Institut Français du Japon - Yokohama présente « Ah bon ?! », le mag FLE du Japon.

Le Benshi, ou le bonimenteur du film muet japonais



Avez-vous déjà vu un film muet? Il y a beaucoup de gens qui répondent "oui" à cette question, après le succès du film "The Artist", un film récent français. Alors, un film muet japonais? Il n' y en aurait pas beaucoup, peut-être. Mais, si vous voulez, vous pouvez avoir l'occasion de voir les films muets japonais à Tokyo...

La 655ème réunion pour regarder les films muets aura lieu le 27 février à la salle de Nippori. Deux films muets japonais de 1928 et de 1931 y seront projetés avec les benshis (les bonimenteurs) et les musiciens d'accompagnement. Cette soirée est organisée par Matsuda Film Productions, une entreprise fondée par un benshi qui craignait la perte totale de la pellicule du film muet.
Cette compagnie possède maintenant un millier d'œuvres dont la plupart sont japonaises, et elle loue les pellicules pour les passer dans le théâtre. En plus, elle tient régulièrement la soirée pour regarder le film muet à la manière de ce temps-là, c'est-à-dire avec les benshis et les musiciens d'accompagnement. Or, quels sont les benshis?

A l'ère du film muet

Le Benshi commente les films en lisant les intertitres et en énonçant les dialogues des acteurs durant la diffusion. En Europe et aux Etats-Unis, les textes étaient écrits sur l'écran pour faire mieux comprendre l'intrigue. Quant au Japon, il y avait un ou des benshis dans tous les théâtres.
Un plateau était posé devant l'écran pour le benshi et les musiciens d'accompagnement. Le benshi y parlait en regardant la scène et le spectateur tour à tour.
Les Japonais étaient habitués à la narration par le Kabuki, le Nô et le  Ningyô-Jôruri, c'est pourquoi le benshi a acquis une grande popularité. Il y avait parfois les benshis qui étaient plus connus que les acteurs et les réalisateurs. Leur popularité a légèrement retardé l'arrivée de l'époque du film parlant au Japon.

A l'ère du film parlant
Selon le développement du film parlant, les benshis ont perdu l'emploi. Beaucoup d'entre eux sont devenus animateurs, présentateurs, meneurs de jeu, en exploitant leurs art de bien parler.
Il existe plusieurs benshis en activité de nos jours. Cependant les benshis qui vivent seulement de cette profession sont rares. La plupart de benshis cumulent deux ou trois professions, comme acteurs, réalisateurs.
Il existe aussi les théâtres qui passent des films muets. En plus, la fête du film muet a lieu de temps en temps. Les benshis sont toujours là, parce que le cinéma muet japonais est presque incompréhensible sans benshi, car il a été produit en supposant la présence du benshi. 

Texte : Miki Takehara - Photo :  浪人街/Makino Production (1928)

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