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Un an après le séisme du Tohoku


SH-60B helicopter flies over Sendai

Le Japon est un pays souvent ravagé par des séismes. On a donc renforcé les mesures contre les séismes toutes les fois qu’il y en a eu. Tel est le cas par exemple du séisme du Hanshin-Awaji en janvier 1995, qui a eu lieu à cause d’un cassure vive dans la terre et à cause duquel 80% des victimes sont décédées écrasées par des bâtiments ou des meubles. Depuis ce séisme, un système de géolocalisation par satellite est utilisé pour observer le mouvement de la croûte terrestre et la condition de la déformation terrestre. En plus, la technique des constructions antisismiques a considérablement progressé.


Or, le séisme du Tohoku du 11 mars 2011 étant sous-marin, son échelle a dépassé celle qu’on avait prévue et contre laquelle on avait pris des mesures. Par conséquent, principalement à cause du tsunami colossal qui a gravement ravagé la région côtière de Sanriku, ce séisme a fait à peu près 20 000 victimes. Les survivants ont aussi subi de graves dommages en perdant leur famille, leur maison et leurs moyens d’existence simultanément. D’ailleurs, beaucoup d’habitants autour de la centrale nucléaire de Fukushima ont été obligés d’évacuer pour éviter de s’exposer à la radioactivité.

On attend ainsi que la reconstruction soit achevée aussi tôt que possible pour que les sinistrés puissent reprendre une vie normale. Cependant, beaucoup d’obstacles se sont dressés devant cela. Regardons donc maintenant ce qu’on a entrepris pendant un an après le séisme comme un premier par vers la reconstruction en faisant le point sur deux choses qui semblent particulièrement difficiles à surmonter : l’élimination des débris, et les mesures prises après l’accident nucléaire. On se réfèrera pour cela à des articles de journaux publiés pendant trois mois au début de l’année 2012.

Élimination des débris

Selon le dernier bilan, la vague a détruit plus de 151 000 édifices, ponts et routes, si bien que 22 millions de tonnes de débris, équivalant au volume des déchets accumulés en 20 ans par les trois préfectures de Iwate, Miyagi et Fukushima, ont été provoqués en une seule journée. Cependant, malgré cette énorme quantité, la tâche d’élimination des débris a dû être soigneusement commencée sans utiliser d’engins de chantier par les mains d’équipes spéciales comme les Force d’Auto-Défence ou l’arme américaine, parce qu’elle s’est accompagnée de la recherche des corps et des objets précieux des sinistrés. Et puis, il fallait que les détritus soient scrupuleusement triés (retrait des objets et matières dangereuse, séparation bois, plastique, métaux, etc.). C’est pourquoi on avait péniblement fini de déblayer seulement un tiers de la quantité totale trois mois après le séisme.

Pourtant, l’opération, qui a duré dix mois, s’est à peu près terminée avant la fin de l’année 2011, bien qu’il reste encore des morceaux de débris non traités dans les régions interdites d’entrée à cause de la radioactivité. Ensuite, on a à nouveau affronté des difficultés avec le traitement des débris entassés.

Bien que le ministère de l’Environement vise à traiter tous les débris en trois ans, la quantité de ceux traités pendant un an après ce désastre sismique n’est arrivée qu’à 6.7% du total. Par conséquent, le gouvernement a décidé de prendre des dispositions supplémentaires comme la construction de sites temporaires d’incinération ou la mobilisation d’infrastructures installées dans tout le Japon. Le ministre, Goshi Hosono, a donc fait appel à la solidarité nationale et a demandé aux municipalités dans tout le pays d’accepter une partie des 4.01 millions de tonnes de débris de Miyagi et Iwate.

Répondant à cette demande, la ville de Tokyo et les préfectures de Aomori et Yamagata ont accepté de prendre en charge une partie des débris, mais les autres localités ont rencontré l’opposition de leurs administrés qui craignent la contamination radioactive des déchets. Déçu par ce refus de traitement des débris, certains étrangers ont commencé à faire remarquer la perte de solidarité des Japonais. On peut mentionner l’exemple d’un auteur français, Richard Collasse, qui vient de publier un roman à propos du séisme du Tohoku : « L’océan dans la rizière ».

Comme l’indique le cas de la ville de Shimada dans la préfecture de Shizuoka, il y a cependant petit à petit des collectivités locales inclines à accepter des débris à condition de mesures strictes concernant la radioactivité. La ville de Shimada a opté pour la solution que les citoyens eux-même mesurent le taux de radioactivité dans les cendres après incinération. On attend que ce moyen devienne un modèle pour persuader les habitants des autres régions d’accepter le traitement de déchets. En plus, le gouvernement a commencé à étudier les mesures de recyclage des déchets. Par exemple, ceux en béton vont être utilisés comme matériaux des routes ou des fondations de digues et ceux en bois sont en attente d’être utilisés comme matériaux ou combustibles.

Les débris dans les régions contaminées par des substances radioactives, s’élevant à à peu près 1.1 millions de tonnes, sont prévus d’être traités directement par l’État. Il faut cependant noter que la fuite de la radioactivité à la suite de l’accident nucléaire a provoqué des dégâts énormes en plus du traitement des débris.

US Navy 110318-N-SB672-773 An aerial view of Japanese Ground Self-Defense Force personnel and disaster relief crews searching Sukuiso, Japan

Mesures prises après l’accident nucléaire

Passons à présent à la question de ce qui est arrivé à la suite de l’accident nucléaire de la centrale Fukushima. À cause du séisme d’abord, puis du tsunami, le centrale a subit des dégâts importants : perte d’alimentation électrique, arrêt des systèmes de refroidissement des réacteurs nucléaires et des piscines de désactivation des combustibles usagés, fusion partielle du coeur des trois réacteurs. La centrale a donc explosé et une forte radioactivité a été rejetée dans l’atmosphère et dans la mer.

C’est pourquoi les habitants autour de la centrale ont été obligés d’évacuer immédiatement. Avec la diffusion de la radioactivité, le Premier ministre a successivement étendu le rayon de la zone à évacuer de 2km à 20km en deux jours. De même, des comprimés d’iode ont été distribués lors de l’évacuation en vue de prévenir des cancers de la thyroïde. Ensuite, une zone d’accès restreint a été instaurée dans un rayon de 20km autour de la centrale et l’accès au site a été interdit. Ainsi, les évacués, après s’être temporairement installés dans des abris en dehors de la zone, se sont disséminés dans le pays entier, sans être prévenu de la durée d’évacuation. Il y avait aussi beaucoup de gens qui ont volontairement évacué alors qu’ils habitaient en dehors de la zone.

Quant aux aliments, les seuils de radioactivité ont été sévèrement fixés à 500Bq(becquerel) par litre pour le césium et 200Bq litre pour l’iode. Par conséquent, les produits frais issus de quatre préfectures autour de la centrale ont été interdits à la vente à partir du 23 mars 2011. C’est-à-dire, la vente d’épinards, de brocolis, de choux et de choux-fleurs a été interdite. Cela va sans dire que cette interdiction a rudement touché la production agricole des quatre préfectures; Fukushima, Ibaraki, Gunma et Tochigi. En outre, les tests sur les produits alimentaires ont été étendus à dix autres préfectures autour de la centrale. On doit remarquer qu’il y avait des agriculteurs parmi les évacués volontaires qui ont renoncé aux cultures contaminées et ont essayé de se frayer un autre chemin.

Après des travaux ayant duré neuf mois, on est avec peine arrivé à l’arrêt froid des réacteurs et on a entamé un processus de démantèlement nucléaire, prévu de durer 40 ans. C’est pourquoi le ministère de l’Environement a publié le 14 décembre 2011 la politique à suivre en termes de décontamination de l’environnement. Onze municipalités de la préfecture de Fukushima ont été classées en zone de décontamination. Par suite, une grande échelle de décontamination des maisons et des terres a commencé en mars 2012. Ainsi, il est attendu que les zones interdites d’entrée soit graduellement rétrécies à mesure que les travaux de décontamination et l’aménagement d’infrastructures avancent, quoique les ex-habitants dans les régions voisines de la centrale, dans lesquelles le débit de radioactivité dépasse 50 millisieverts par an, ne soient pas autorisés à rentrer chez eux d’ici plus de 5 ans.

Par ailleurs, le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales a à nouveau adopté des normes plus restrictives de radioactivité pour le césium à partir d’avril 2012 (50Bq par litre pour la nourriture pour bébés et le lait, 100Bq par litre pour les autres aliments) et a ordonné de faire des mesures plus précises pour rassurer les nationaux s’inquiétant de la sécurité des aliments. Cela signifie cependant que les agriculteurs des régions sinistrées sont chargés d’un plus grand fardeau.

Nouvelles mesures contre le séisme

D’ailleurs, il reste encore beaucoup d’autres difficultés à résoudre dans ces régions. Dans la préfecture de Miyagi, par exemple, 10% des terres cultivées ont été recouvertes par l’eau de mer et ont subi des dégâts provoqués par le sel. À cause de cela, les riziculteurs s’inquiètent de savoir s’ils pourront cultiver du riz de bonne qualité après les travaux d’élimination de la salinité. Ou encore, dans les régions côtières ravagées par le tsunami, des projets de déménagement de la ville en terrain élevé sont entrés en exécution. Il est cependant nécessaire que ces projets s’accompagnent de mesures pour maintenir les vieux liens dans la communauté et pour soulager le stress des personnes âgées causé par le changement de milieu de vie.

Pourtant, il faut également remarquer que ces catastrophes nous ont donné encore une fois l’occasion de réviser nos mesures contre les désastres naturels et de les améliorer. On peut surtout mentionner le cas du détournement de la politique énergétique. Alors qu’on fait beaucoup d’efforts pour améliorer la sécurité de la centrale nucléaire, sa fiabilité est maintenant diminuée. Ainsi, le gouvernement a établi le principe d’atténuer la dépendance à l’égard de l’électronucléaire et de faire avancer le développement des énergies renouvelables comme l’énergie solaire. Avec cette politique, on peut attendre que le développement des énergies renouvelables devienne de plus en plus actif et contribue à la durable croissance économique.


Texte : Nora Chraline - Photo : Vue sur Sendai par la U. S. Navy - Ah Bon ?! No6

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