L'Institut Français du Japon - Yokohama présente « Ah bon ?! », le mag FLE du Japon.

Shigeru Hatsuyama : dialogue secret



En 1985, le numéro spécial d’une revue a été publié : Shigeru Hatsuyama, un poète du trait et de la couleur. Pour Shigeru Hatsuyama (1897-1973), le mot poète a deux sens. D’abord, il écrivait des poèmes sous un pseudonyme : « Koronbusu ». Puis, il a peint et dessiné avec des traits et des couleurs poétiques. Mais dans les peintures, qu’est-ce que la poésie ?


Son apprentissage : design et héritage de la tradition graphique du Japon

En fait, personne ne peut proposer une définition exacte de la poésie. Dans tous les langages poétiques, il n’y a que les différentes articulations entre mots qui produisent du sens. Hatsuyama a appris les règle des formes et des couleurs à un atelier de kimono. En 1907, quand il avait 9 ans, il a fait l’apprentissage du design et de la teinture. À l’âge de 13 ans, il est devenu l’élève de Sengai Igawa, un illustrateur populaire qui hérite de la peinture traditionnel japonaise, pour devenir peintre.

La Féerie (avril 1919 - novembre 1920) est le magazine dans lequel les travaux de Hatsuyama ont attiré les regards. Dans ce magazine, il y a quelque éléments remarquables : les compositions de la ligne et du plan, la proportion de noir et de couleurs légères et, de temps en temps, l'utilisation de taches de couleurs qui apparaissent accidentelles... Mais si on ne peut pas définir la poésie, qu’est-ce qu’il a souhaité représenter ?

Illustrateur d’enfance : les mots du peintre

En 1936, Hatsuyama a écrit : « Toutes les fois que je prend le pinceau, mon âme joue sans souci dans des images qu’on ne peut pas expliquer avec les mots. » Comment était l’âme de Hatsuyama ? ― On ne sait pas. Mais évidemment, il y a plusieurs traces de dialogues entre des choses qui ne parlent pas dans ses illustrations : quand il peint des oiseaux, les pépiements font corps avec les feuilles d’arbres qui chantent avec le vent ; quand il peint des nymphes célestes, il dessine des marques douces de leurs bouches comme des mots célestes. Les traits de Hatsuyama recherchent toujours des formes qui parlent ou chantent. Et au cours du temps, la teinte utilisée par Hatsuyama est devenu plus brillante, plus cristalline.

De 1957 à 1979, une maison d’édition employait ses illustrations pour des livres scolaires de japonais. Beaucoup d’élèves ont ainsi étudié leur langue maternelle avec des images de Shigeru Hatsuyama.


Texte : Chieko Endo - Illustration : Musée Chihiro - Ah Bon ?! No6

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