L'Institut Français du Japon - Yokohama présente « Ah bon ?! », le mag FLE du Japon.

Le Clapotis


under the sea

On dit simplement « le sable de la plage », mais il y a beaucoup de plages dans le monde. Et sur chaque plage, il y a un nombre astronomique de grains de sable. En outre, quand on classe les grains de sable, il y a plusieurs critères. Par exemple : son histoire avant d’être un grain de sable – une coquille brisée, du béton de brise-lames érodé par les vagues, le magma d'un volcan qui s’est solidifié et s’est effrité, ou une simple pierre qu'une vague fait tourner et se casser. Un peu plus clair : la forme du sable – rond ou anguleux, inégal ou poli. Plus scientifique : les composants du sable... Non, ça suffit ! Dans tous les cas, ne vous inquiétez pas de ces critères pour le sable dont je vais vous parler. Ce serait trop compliqué et ennuyeux.


Le sable pensait à la palourde grise. Cette palourde était très petite (même si elle était cent fois plus grande que le sable), et avait la jambe de la forme d’une hache. Quand elle se glissa dans le fond sablonneux de la mer, le sable toucha sa jambe et il fut tout à fait charmé par son toucher délicat. Il s’abandonnait à cette pensée : s’il pouvait la toucher encore...

Le sable priait la vague toutes les nuits sans dormir. Ce fut après quelques jours que son vœu fut comblé. Quand la palourde se glissa encore dans le fond de la mer, elle absorba le sable dans sa coquille. Le sable pria d’y entrer le plus profondément possible.

Il était ravi d’être enveloppé du toucher merveilleux. Mais malheureusement, il avait passé des nuits sans dormir, donc il s’endormit à son insu. Il sentit qu’il fit un doux rêve. Il s’ensevelit dans l’obscurité du sommeil en ayant l’assurance que ce rêve était immortel.

Le lendemain matin, le sable se réveilla sur le fond sablonneux de la mer. Pour la palourde, le sable était une chose étrangère. Toutes les fois qu’elle faisait des petits mouvements, elle avait mal à la jambe. Elle s’efforçait de jeter le sable dehors de la coquille pendant qu’il dormait.

Le sable ne comprenait pas le sentiment de la palourde alors il ne savait pourquoi il était dehors. Il pensa à la palourde et se rappela du toucher de la jambe. Il avait une bonne mémoire et il pouvait s'en rappeler les détails. Et puis, il avait aussi une imagination magnifique qui lui procurait des expériences irréelles. Cependant, il ne se rappela pas la douce saveur du rêve qu’il avait eu dans la coquille. Pendant qu’il était absorbé dans ses pensées, la vague reconduisit le sable au bord de l’eau. Puis elle se retira avec le bruit d’un soupir.


Texte : Chieko Endo - Photo : Under the Sea par CLF - Ah Bon ?! No5

0 commentaires :

Enregistrer un commentaire