L'Institut Français du Japon - Yokohama présente « Ah bon ?! », le mag FLE du Japon.

La peine de mort


Death and Dying (Negative Space) Abstract

Le 18 septembre dernier, on fêtait les 30 ans de l’abolition de la peine de mort en France. Je voudrais profiter de cette occasion pour revenir sur ce sujet.


Le meurtre est le plus abominable des crimes. Mais même pour punir cet acte odieux, je ne peux accepter la peine de mort, car c’est bien un autre meurtre par l’Etat. L’exécution permet d’expier le crime en un instant. C’est pour les criminels plus facile a supporter que la condamnation à perpétuité : rester en prison, tourmentés par un sentiment mêlé de culpabilité et de regret. Du coté des proches de la victime, la peine de mort n’apporte pas toujours un contentement suffisant, car la victime tuée ne revient pas à la vie. Les partisans de la peine de mort disent que la condamnation à perpétuité produit une grosse dépense de l’Etat et que les prisons manquent pour recueillir les prisonniers, mais ce n’est pas une raison pour qu’on garde la peine de mort.

La criminalité, comme le meurtre, que ce soit sciemment ou non, est commise par la folie irrésistible des hommes. Est-ce qu’on renonce à tuer, effrayé par la peine de mort, quand on perd la raison ? Je pense que la peine de mort n’est pas dissuasive, et que si on supprime la peine de mort, la criminalité n’augmentera pas.

Au Japon, malgré les recommandations du Conseil des droits de l’homme des Nations unies de 1993 et 1998, la peine de mort est en vigueur. Selon une statistique, les condamnés à mort qui ont été exécutés de 1981 à 2003 étaient au nombre de 52. La peine de mort est exécutée par ordre du ministre de la Justice chez nous. Pendant 3 ans de 1990 à 1992, le ministre de la Justice d’alors n’avait pas donné l’ordre d’exécuter des prisonniers par conviction, et personne n’a été tué, mais en 1993, 7 condamnés à mort ont été exécutés en une seule année par ordre du nouveau ministre de la Justice.

L’exécution dépend du ministre de la Justice au pouvoir. On exécute un condamné à mort secrètement. On ne prévient le condamné à mort et ses proches ni de la date, ni de l’heure, ni de l’endroit de l’exécution. L’interrogatoire policier est si autoritaire et brutal que souvent la personne interrogée, toute épuisée, finit par avouer son faux crime. Ce qui fait que parfois certaines personnes sont condamnés à tort. Après la deuxième guerre mondiale, jusqu’à 2010, 4 condamnés à mort et 4 condamnés à perpétuité ont obtenu l’acquittement après révision. Si ces 4 condamnés à mort avaient été exécutés, on aurait tué des personnes innocentes inutilement.


Texte : W. S. - Photo : Wayne's eye view - Ah Bon ?! No5

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