L'Institut Français du Japon - Yokohama présente « Ah bon ?! », le mag FLE du Japon.

Morikazu Kumagai : Portrait



Il y a quelques temps, on nous a demandé qui était le meilleur peintre pour nous. Quand j'ai répondu que c'était Renoir, on m'a dit que j'étais comme la femme de ses tableaux. En fait, je ne connais guère de tableaux mais, comme j'étais honteuse et contente d'entendre cela, j'ai choisi de vous présenter la vie d'un peintre japonais : Morikazu Kumagai.

Enfance et études

Il est né en 1880. Il venait de Gifu, une région au milieu du Japon. Depuis qu'il était enfant, il aimait faire de la peinture. Il est entré à l'École des beaux-arts de Tokyo (maintenant, c'est l'Université d'art de Tokyo) à Ueno en 1900. Après ça, il a obtenu des prix et des concours.

Un refus de peindre pour vivre

Mais il était très pauvre parce qu'il ne voulait pas faire de la peinture pour gagner de l'argent. Quand son fils a eu une maladie, ils n'avaient pas d'argent pour aller chez le médecin et il est mort à l'âge de 4 ans. Sa femme lui a dit : « Peins, s'il te plaît. » D'autres personnes lui ont dit : « Si tu peins, tu pourras toujours obtenir de l'argent. » Mais il n'a jamais pu.

Une vie de reclus

En 1932, il a commencé à habiter à Toshima-ku près d'Ikebukuro. Ce déménagement était une chance parce qu'il avait un petit jardin. Il y a planté ses arbres favoris et ses fleurs favorites. Son jardin était de 15 tsubo : 1 tsubo est équivalent à 3,3 mètres carrés, donc 15 tsubo est équivalent à environ 49,5 mètres carrés. Il y avait 16 chaises dans ce jardin. Il passait son temps à regarder le ciel en se couchant au sol ou en s'asseyant sur ses chaises. Il s'est intéressé aux animaux et aux plantes de ce jardin. Il a observé et peint des petits insectes et des fleurs. Il a souvent peint des fourmis et des papillons. Il a appris comment une goutte de pluie tombait et comment les fourmis et les papillons vivaient. Il disait qu'il entendait mieux les petits sons que les sons.

Pendant 30 ans, jusqu'à sa mort, il n'est pas sorti. Son jardin était donc son univers. Sa devise était : « dokuraku-hitori tanoshimu » - « Je m'amuse seul ». Il est mort en 1977 à 97 ans. Jusqu'à sa mort, il s'est amusé seul et il a peint les choses qu'il ressentait. Maintenant, les restes de sa maison sont un musée.

Sa vie est plus intéressante que ses tableaux pour moi. J'ai peur de la rapidité à laquelle le temps passe. Quand je ne fais rien, je pense que je perds mon temps. Alors je me dégoûte moi-même. Mais je pense aussi que si je ne fais rien, c'est très plaisant! Peut-être, M. Kumagai a eu beaucoup de soucis et de conflits psychologiques. Mais il a tout accepté. Je pense qu'il y a une différence entre vivre seul et vivre dans la solitude. Je crois qu'il était seul mais qu'il ne s'est jamais senti dans la solitude.


Texte : Tomomi - Photo : Morikazu Memorial - Ah Bon ?! No3

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