L'Institut Français du Japon - Yokohama présente « Ah bon ?! », le mag FLE du Japon.

L'affaire du thalidomide au Japon



Chez nous, on a connu l'affaire du thalidomide il y a une quarantaine d'années. Il s'agit des méfaits du médicament du thalidomide qui ont fait plus de 12 000 victimes en environ 4 ans dans le monde entier. Le thalidomide a été mis en vente sur le marché en Allemagne par le laboratoire « Chemie Grünenthal » le 1er octobre 1957 en tant que somnifère et antiémétique sans effets secondaires...

Le médicament Isomin (source)
Au Japon, le 20 janvier 1958, le laboratoire « Daihnihon » a mis en vente en tant que somnifère le médicament « Isomin » contenant du thalidomide, et en 1959, il a mis sur le marché un remède pour l'estomac et l'intestin contenant du thalidomide : celui-ci a été beaucoup apprécié chez les femmes enceintes pour calmer les malaises de la grossesse. À partir de cette époque-là, les médecins se sont aperçus de l'apparition de nouveaux-nés sans bras ou sans jambes, et ils ont découvert que leur mère avait pris du thalidomide pendant leur grossesse.

Retrait de la vente en Allemagne

En Allemagne, le 18 novembre 1961, le professeur Wildukind Leng a dénoncé en vain le thalidomide en disant que les malformations chez les nouveaux-nés était due au thalidomide. Mais le journal allemand « Welt am Sonntag » a écrit un article intitulé : « Les alarmantes suspicions d'un chercheur contre un médicament distribué mondialement » et il a accusé nommément « Grünenthal » ; ceux-ci ont été obligés de retirer de la vente le thalidomide.

Un retrait tardif au Japon
Journal de l'époque (source)

« Grünenthl » a également recommandé le retrait du thalidomide à « Dainihon », en vain. Le ministre de la santé et des affaires sociales du Japon a laissé « Dainihon » fabriquer ses médicaments et les vendre. Entre temps, le nombre de bébés difformes s'est multiplié et le 18 mai 1962, le journal Asahi a mentionné la situation horrible en Allemagne. Le retrait du marché du thalidomide a été enfin réalisé chez nous. C'était 294 jours après l'arrêt de la vente en Allemagne, et encore, on pouvait toujours acheter ce qui était en stock dans les pharmacies chez nous.

Un lourd bilan dans le monde entier

Si « Dainihon » avait suivi les recommandations de « Grünenthal » immédiatement, le nombre de victimes aurait considérablement diminué. Il a atteint 309. L'Allemagne a compté plus de 3 000 victimes ; l'Angleterre, 456 ; le Canada 115 ; la Suède, 107 ; etc. Parmi les nouveaux-nés difformes, 30% étaient morts-nés, mais il y a eu assez de victimes supportant leur douleur physique et mentale. En France, le thalidomide n'était pas commercialisé et aux États-Unis, grâce à la surveillance attentive de France Kelsey, un membre de l'administration américaine de contrôle des aliments et des substances médicamenteuses, on a continué les essais chimiques chez l'homme et il n'y a eu que quelques victimes.


Texte : Waka Shinozuka - Photo : David Richfield - Ah Bon ?! No3

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