L'Institut Français du Japon - Yokohama présente « Ah bon ?! », le mag FLE du Japon.

Takeo Takei : un peintre d’enfance, des images pour les enfants



Au Japon, on a commencé à reconnaître le concept de « l’art pour les enfants » dans les années 1920. En 1918, un magazine nommé L’Oiseau Rouge (1918-29, 31-36) a été fondé pour offrir de l’émotion artistique aux enfants, et plusieurs autres magazines ont suivi.

D’abord, dans ce magazine, le genre langagier du conte de fées et celui de la chanson folklorique ont été renouvelés. De son côté, le genre visuel a débuté avec des illustrations qui expliquaient les mots. Les peintures et les dessins n’avaient pas encore une visée artistique.

Takéo Takeï (1894-1983) a commencé son travail d’illustrateur en 1921. Au début, il pensait que c’était un gagne-pain provisoire, mais plus tard, il s'est rendu compte du charme et de la valeur des peintures pour les enfants. Dans le but d’y intéresser les grandes personnes, il a organisé une exposition en 1925 dans le galerie de Shiseïdo à Tokyo, et a appelé ce genre do-ga. Ce mot signifie aussi « l’image de la candeur ». Le do-ga s’est alors répandu sous diverse formes qui rappelaient leur enfance aux gens. Le mot do-ga est devenu presque désuet dans les années 1970, mais aujourd’hui, on peut voir l'influence du do-ga dans la culture populaire où les choses candides et mignonnes sont recherchées avec passion.

Les œuvres de Takeï, cependant, n’étaient pas seulement candides ou mignonnes. On peut le voir dans sa trilogie de livres d’images en 1927 : Aruki-Taro, La Boîte aux Joujoux et Le Village des Animaux. Il y a représenté un petit personnage brave et robuste, une figure idéale de la première phase moderne du Japon. Et il a aussi essayé de décrire des espaces imaginaires comme une communauté d'animaux dans Le Village des Animaux. Dans cette communauté, on peut voir son interprétation du concept d’humanité importé d’Europe.


Son imagination provenait de son intérêt et de son attention pour des objets réels. Par exemple, les chemins et les herbes dessinés dans sa trilogie sont inspirés de motifs de broderie et certaines fleurs de boutons décoratifs. Takeï a d'ailleurs publié en 1924 un livre de motifs de broderie pour les vêtements et pour la décoration d’intérieur. Il y proposait des dessins nouveaux, différents de la broderie japonaise, avec des traits simplifiés et adoptait un style de peinture particulier pour les enfants dans ses illustrations. En ce temps-là, surtout après le désastre sismique en 1923, les peintres ont remarqué que le travail du design était un véhicule de la pensée. Takeï profitait ainsi souvent de ses motifs de broderie pour développer une conception du monde où il essayait de saisir la vie en lui donnant une représentation symbolique.

Si vous en avez le temps, partez vous aussi sur les traces de Takéo Takeï. Vous ne regretterez pas le voyage !

(Illustrations extraites de Ramu-ramu-ô. )


Texte : Chieko Endo - Illustration : Takeo Takei - Ah Bon ?! No2

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